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Man
Helping hand - interview (Sub Rosa, France, 2005)

man - helping hand

Man par Toniduran
illustration
Toniduran
Man par Laurent Orseau
Charles-Eric Charrier
(photo Laurent Orseau)
  
 
  Man
est un groupe nantais bicéphale, composé de Rasim Biyikli (piano, xylophone, guitares, voix ...) et de Charles-Eric Charrier (basse acoustique, guitare, samples, voix ...). Ces quatre mains façonnent une musique singulière avec une large palette d’instruments (du traditionnel à l’électronique, parfois des jouets musicaux) ou de sons samplés (dialogue de films, une bille qui roule sur du parquet, la clochette d’un tramway, le bruit de la pellicule qui se déroule sur un projecteur 8mm ... ). Le climat des morceaux est le plus souvent introspectif, un climat dans lequel l’auditeur s’immerge complètement. Man est de retour avec un 3ème album, Helping hand, composé pendant la canicule de l’été 2003, signé sur le prestigieux label bruxellois Sub Rosa.
Evoquons avec Charles-Eric Charrier ce disque et l’univers de Man :

[le zata] La création à deux apparaît souvent comme mystérieuse (voir les frères Dardenne, les frères Coen au cinéma ou Dupuy & Berberian dans la bande dessinée). Comment se passe la création à deux, est-ce que les tâches sont réparties ou chacun participe-t-il à la totalité de la création ?
[Charles] Il n'y a pas de méthodes établies, cela peut être une improvisation, une idée d'un tel ou un tel ; en l'occurrence ce disque a été enregistré à trois : nous deux et Anthony Taillard. Donc cela fusait de tous les côtés, le seul postulat de départ était de s'ouvrir tous les trois et de laisser les sentiments remonter à la surface (tous les sentiments).

[z] Peux-tu nous livrer une anecdote sur cette méthode lors de l'élaboration en prenant l'exemple d'un titre ?
[Charles] Par exemple sur 'Maiomie', le morceau est parti sur une guitare de Rasim, j'ai joué une basse puis une autre guitare, on se retrouvait avec un morceau très simple mais l'un de nous fut frappé par la perversité dégagée au moment où l'on a rajouté une voix féminine, plus exactement les souffles et déglutitions. Du coup nous avons en quelques sorte "édulcoré", transformé le morceau car il nous dérangeait vraiment...une horreur. C'est toujours là mais un peu moins évident.

[z] Avant Man, tu jouais avec Rasim dans un orchestre Dréta Lorelie, quelle est ta formation musicale auparavant ainsi que celle de Rasim ?
[Charles] Nous sommes tous les deux autodidactes et avons multiplié des aventures musicales qui nous ont formées. Mais nous passons beaucoup de temps à désapprendre, c'est difficile.

[z] On dénote de nombreuses influences très variées dans la musique de Man, avez-vous des goûts musicaux identiques (et donc très variés) ou existe-t-il des influences différentes que chacun apporte dans Man ?
[Charles] L'influence principale ce sont nos vies, ensuite on aime tous les deux énormément de choses. Comme nous sommes amis, nous partageons des découvertes respectives. Certains disques, films, démarches nous ont marqués tous les deux par exemple ' laughting stock' de Talk Talk.

[z] Man multiplie les collaborations, dans divers domaines artistiques (bandes sons pour le cinéma ou la télévision, pour des chorégraphies, avec des vidéastes comme Pierrick Sorrin, mais aussi musicales avec les Clogs,Sylvain Chauveau...),
les collaborations se déroulent-elles à domicile, ou lors de “résidences” extérieures ?

[Charles] les collaborations se passent très souvent dans des environnements nouveaux, voir insolites, tout comme l'enregistrement de nos disques. Ce qui constitue des terrains vierges a investir.
[z] Peux-tu citer un exemple d'environnement insolite lors de collaboration ?
[Charles] Un blockhaus, différents appartements, une pièce en fer.

[z] Existe t-il des collaborations souhaitées qui ne soient pas encore réalisées ?
[Charles] Il y a plein des collaborations non faites mais on y travaille, un des points de départs du duo était et est l'ouverture à d'autres personnes, c'est très important pour nous.

man

man - rasim
photos Dominique Demangeot

[z] Les images des collaborations visuelles (cinéma, vidéo) sont-elles utilisées en projection lors des concerts ? Le duo produit t-il aussi ces visuels de concert ?
[Charles] Les images utilisées en concert ont été realisées par Rasim le plus souvent sauf deux court-métrages la serie 'un peu d'Amour' qui ont été réalisés par des amis au sein de Finalement prod.. Ceci dis nous restons ouvert là aussi à d'autres collaborations avec des réalisateurs. Pour les films utilisés sur scène nous avons par exemple collaboré avec David Zard.

[z] La musique de Man évoque immanquablement des images, des paysages, des ambiances. Ces images viennent elles avant la construction des morceaux ou pendant ?
[Charles] Très souvent pendant, l'important pour nous étant d'être le plus sincère, nous ne préméditons pas les choses qui nous traversent mais nous essayons de les laisser advenir autant qu'il soit possible.

[z] Le duo travaille beaucoup pour le cinéma, quel genre(s) de cinémas affectionnez-vous ?
[Charles] Vraiment beaucoup de cinéma, s'il faut donner des noms plus que des genres, je suis très touché par Visconti, David Lynch, le cinéma asiatique, Michel Gondry et tant d'autres...

[z] Plus un cinéma des émotions versus un cinéma du "réel" à l'accompagnement sonore réduit, voir inexistant [cf les Dardenne, Cassavetes etc] ) donc ? On entend pourtant un dialogue dans '8mm' qui semble emprunté à ce cinéma, non ?
[Charles] C'est un monologue, mais il n'est pas emprunté au cinéma ... c'est une performance sonore dans la rue.

[z] Quelless sont tes références en matière de compositeurs de bandes-son ?

[Charles] Rien de bien original : Ennio Moriccone, la musique de 'American beauty' que je trouve très fine, Neil Young pour 'Dead man', le traitement sonore chez David Lynch, les choix de Kubrick dans tous ses films et particulièrement 'Barry Lyndon'.

[z] Existe t-il une spécificité due à votre ville d'attachement (Nantes) qui se retrouve dans votre travail ?
[Charles] Je ne sais pas, peut-être inconcsiemment, ou alors la proximité de la mer ...

[z] As-tu écouté l'album de reprises de Depeche Mode (down to the bone) par Sylvain Chauveau avec qui tu as collaboré et qu'en penses-tu ?
[Charles] Oui, j'aime beaucoup sa voix, je dois dire que là il me bluffe, c'est un très beau disque avec une appropriation des morceaux de Depeche Mode, on dirait que c'est lui qui les a écrits. Sans compter l'apport de la ribambelle de gens qui ont travaillé sur ce disque. Evidemment il y a des morceaux que je préfère à d'autres mais c'est une vraie réussite.

[z] Comment s’expliquent les longs mois entre la composition (été 2003), le mixage (automne 2004) et la sortie de ‘helping hand’ (fin novembre 2005) ?

[Charles] Pour une foultitude de raisons, le plus souvent extramusicale. Ceci-dit cela nous a apporté beaucoup de recul par rapport à ce disque, ce qui est une forme de luxe, puis cela nous a permis de tenter plein de choses en postproduction.

[z] Un grand merci à Charles-Eric Charrier pour sa disponibilité.




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