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Taiyou Matsumoto
Ping pong (5 tomes) (Delcourt, Japon, 2004)

     
       Cette série en 5 tomes est centrée sur la relation entre deux adolescents joueurs de ping pong, Hoshino (Peko) et Tsukimoto (Smile). Peko aborde son sport et la vie avec une certaine nonchalance encore enfantine, il faut dire que tout lui réussit. Smile lui est introverti et reste toujours dans la défensive. Ces deux garçons se sont connus au gymnase tenu par une vieille dame (Mémé). L’amitié qui les lie parait inébranlable jusqu’au jour où Peko délaisse le ping pong après une cinglante défaite au championnat interlycée. Smile va s’adjoindre les conseils d’un entraîneur stakhanoviste, Koïzumi (surnommé Butterfly Joe lorsqu'il pratiquait les compétitions). Son jeu se transforme et devient une machine à gagner ne laissant plus aucune place à des émotions. Mais Peko veille toujours sur son ami Smile et entreprend de le sauver en reprenant le ping pong, jusqu’à l’affronter en finale du tournoi inter lycée ...

    Taiyou Matsumoto reprend à son compte un genre très répandu au Japon, le manga sportif destiné à un jeune public masculin. Il utilise le sport pour en montrer les limites, casser la logique de la compétition, valeur matraquée aux jeunes nippons. L’important ici n’est pas le ping pong mais les rapports entre les personnages à la recherche d’eux-mêmes, une constance dans le travail de ce mangaka à savoir “Frère de Japon”, “Printemps bleu” et son chef d’oeuvre “Amer Béton” (en 3 tomes) parus en éditions françaises. Autre point commun on retrouve deux garçons aux caractères opposés mais liés par une forte amitié. Peko et Smile ont des airs de Blanco et Negro de “Amer Béton”. La bienveillance et l’enseignement de personnes âgés est également présents dans les deux séries, ici avec Mémé et Koïzumi.

    Le mangaka de 35 ans se déclare très influencé par Moebius (il a même placé des graffitis le mentionnant avec Schuiten et Bilal), influences que l’on retrouve dans son trait. La mise en case est inventive, fait recourt à la métaphore, fait des “cut-up” entre le présent et le passé, le réel et l’imaginaire. Il nous fait rentrer dans les matchs grâce à des angles de vue les plus fous.
    L’édition française est soignée, couvertures gaufrées, papier de bonne facture (qui ne laisse pas la page suivante en transparence comme trop souvent en édition manga...). Elle respecte aussi le sens de lecture original (de droite à gauche), et éclaire le lecteur occidental avec des indications sur des notions ou des références nippones en fin de chaque volume.

    Vous êtes prévenu, ping pong est une oeuvre magistrale, indispensable d’un véritable auteur au langage d’une richesse rarement atteint quoiqu’il en dise en déclarant dans une note qui clôture son travail, que face aux auteurs qu’il admire, il doit améliorer son dessin. Voilà un maître du manga bien humble!
 





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- 09 Janv. 05

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