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Edward Yang
Yi Yi (Taïwan, 2000)



   Si l'on voit de nombreux personnages d'une famille entre un mariage et un enterrement, le réalisateur Edward Yang ne filme qu'un seul et même personnage...
   NJ est un père de famille à la cinquantaine, à la tête d'une entreprise de logiciels recherchant des capitaux et des idées nouvelles... Sa fille Ting-Ting culpabilise sur l'accident de sa grand mère plongée depuis dans le coma. Son beau frère place son destin enre les mains de l'astrologie entre 2 disputes avec sa nouvelle femme et ses visites à son ex-compagne. Sa femme Min-Min se retrouve impuissante et muette devant sa mère qui poursuit son coma à la maison, alors que le médecin lui avait conseiller un dialogue pour stimuler son éveil. Du coup elle prend la fuite dans une retraite spirituelle et religieuse dans un monastère. Yang-Yang s'interroge lui aussi sur la vie, comme un enfant de 8 ans peut le faire et constitue un fil rouge comique dans ce film.

    Vous l'aurez compris dans ce film quelque soit leur âge, tout le monde est confronté au doute. Quand NJ rencontre par hasard Sheryl son amour de jeunesse, qu'il avait abandonnéé 30 ans plus tôt, les questions s'accumulent. Il essaiera d'y répondre en partant au Japon, avec d'autres interrogations dans ses valises sur l'avenir de sa société. A Tokyo, il se rappelle de son flirt avec Sheryl alors qu'au même instant sa fille reproduit les mêmes scènes d'un 1er flirt avec une génération de décalage.
Le spectateur ne peut être qu'ému face aux personnages qui se cherchent tout au long du film. Le scénario est habile, et à aucun moment ne tombe dans la niaiserie. Ce n'est pas non plus un hasard si Edward Yang est reparti de Cannes avec le prix de la mise en scène. Il sait saisir des instants magiques et captiver son public comme l'homme d'affaire japonais le fait en prenant le piano d'un club de karaoké (indispensable dans un film asiatique). La ville d'Edward Yang ressemble à celle de Playtime de Jacques Tati et filme des scènes à travers les vitres des appartements. La comparaison ne s'arrête pas là, on peut la poursuivre avec l'utilisation d'un comique très visuel (Yang-Yang refuse de manger au mariage et se retrouve attablé dans un fast food le plan suivant...).

    Le film est d'une richesse incroyable, j'aurais pu tout aussi vous parler de l'entreprise de NJ, de ses associés, de Ato qui plagie les produits de Ota, du rapport Taiwan/Japon (ce n'est pas un hasard si NJ part au Japon...), de la voisine bruyante, des amours de Lili et de Fatty... Il faut bien vous laisser quelques découvertes...
   Sans être autobiographique, Edward Yang livre beaucoup de lui même dans ce film, ne serait ce que dans Yang-Yang, apprenti photographe qui déclare dans une scène finale vouloir devenir réalisateur et montrer des choses que les gens ne voient pas...



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- 1er Oct. 00

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