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Anton Corbijn
Control (Grande-Bretagne, 2007)

Control - Anton Corbijn
photos
    Un adolescent rentre chez lui, un disque emballé sous le bras, ignorant les gosses qui jouent au football. Il rentre dans un immeuble, puis chez ses parents qu'il croise indifféremment. Nous sommes dans les années 70, à Macclesfield, un quartier de Manchester. Le disque est de David Bowie, l'adolescent se nomme Ian Curtis. Cette séquence qui ouvre ‘Control’, film retraçant une partie de la courte vie du chanteur de Joy Division, réalisé par Anton Corbijn. S'il s'agit de son 1e. film, Anton Corbijn est bien connu du milieu musical, pour avoir réalisé des photographies, des pochettes ou encore des vidéo-clips pour de nombreux groupes (U2, Depeche Mode, R.E.M., NirvanaNick Cave ...). En 1979, il quittait sa Hollande natale pour Londres et photographiait Joy Division dans un couloir de métro.
    Le biopic, contraction de "biographic picture", est un genre difficile, d'autant plus ici que Ian Curtis représente un mythe (Patrick Eudeline dit justement "Il faut un Christ un chaque génération, chaque mouvement. Ian Curtis était le Jésus de la new wave. Celui qui est mort pour les péchés des autres"). Pour éviter un dérapage non contrôlé, ‘Control’ s'appuie sur un réalisateur légitime, Anton Corbijn est respecté dans le milieu musical, mais aussi sur le livre ‘touching from a distance’ de Deborah Curtis, la veuve du chanteur (d'ailleurs co-productrice du film). Le scénariste, Matt Greehalg, mancurien lui aussi, respecte le livre, en allant plus loin sur certaines parties, comme la liaison extra-conjugale avec une journaliste belge, plus développée dans le film.
    Côté interprétation, le défi était de taille, il n'est pas facile d'endosser des membres du groupe. Ian Curtis est interprété par Sam Riley, ancien ex-chanteur (il a depuis réactivé son groupe 10000 Things qu'il avait quitté) devenu acteur. Il avait ainsi figuré dans ‘24 hour party people’ de Michael Winterbottom, jouant Mark E. Smith jeune ! L'interprétation respecte le personnage, dans les limites du biopic (un acteur jouant le rôle d'un personnage déjà présent dans les mémoires ; en allant dans une scène dans un niveau supérieur : Sam Riley jouant Ian Curtis imitant David Bowie !). Le parti pris pour les scènes musicales a été de re-joué les morceaux, les autres membres du groupe sont aussi musiciens (Bernard Summer, Peter Hook et Stephen Morris ont leurs sosies !). 
    Le film reprend les moments cléfs de l'histoire du groupe (la fameuse signature du contrat avec Tony Wilson [lui aussi co-producteur, avant son décès] ... ), dont certains éléments figuraient dans ‘24 hour party people’ évoqué précédemment (le concert des Sex Pistols par exemple [les deux films ont des approches totalement différentes, avec deux sujets principaux différents, et une comparaison serait inconvenue). On voit Rob Gretton leur manager, on aperçoit Martin Hannett. Mais ‘control’ est surtout la vie Ian Curtis à partir de son adolescence, son environement, son travail (dans une agence pour l'emploi), sa fille Nathalie (présente dans la foule d'une scène de concert du film), sa poésie, son mariage précoce (parlons de la formidable interprétation de Samantha Norton, vue dans ‘Morven Callar’ de Lynne Ramsay, ‘Eden’ de Amos Gitaï ou encore ‘Accords et désaccords’ de Woody Allen), son épilepsie ...  Le film montre comment Ian Curtis, très volontaire décidant sa vie, ne pouvait plus la décider avec le succès grandissant du groupe (les relations avec le public étaient aussi déséquilibrées, lui donnant tout et le sentiment de ne pas recevoir autant en retour grandissait), en ne pouvant rompre ni avec sa femme, ni avec son amante, rongé par la maladie et les tourments intérieurs ... Là où ‘Last days’ de Gus Van Sant ne reprenait qu'une courte période précédent le geste de Kurt Cobain (Jésus du grunge), ‘Control’ suit Ian Curtis sur plusieurs années, à partir de son adolescence. On voit l'évolution et les transformations du chanteur.
    Parlons de la photographie du film, Anton Corbijn gagne ses galons de réalisateur de long métrages, bien sûr avec une maîtrise de l'image (superbe noir et blanc, parfois légèrement teinté vert ou sépia), du cadre, et de la narration. Il ne dénature pas l'histoire de Joy Division et de son chanteur comme on aurait pu le craindre avec d'autres réalisateurs, il ouvre aussi le sujet à un plus large public ne connaissant pas forcément le groupe. Ceux-ci seront frappés par l'âge de Ian Curtis sur le carton précédant le générique final.
control


- 15 Oct. 07

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