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Lisandro Alonso
Los muertos (Argentine, 2004)
Date de sortie française :
3 nov. 2004


    L'ouverture du film se déroule dans la forêt tropicale du nord argentin (la région de Misiones). La caméra avance dans l'abondante végétation. L'image est floue. La caméra bouge sans cesse puis s'arrête sur deux cadavres humains. Le générique commence, puis le film ré-ouvre à l'intérieur d'une prison de la région de Corrientes. C'est le dernier jour de détention pour Argentino Vargas. On le suit faire ses adieux à l'atelier de menuiserie, prendre le maté (boisson sud américaine, une infusion à base de coca) avec ses compagnons détenus. Une fois dehors, Vargas entreprend un long voyage. Il compte rejoindre sa fille qui vit dans la forêt ...

    Le film est rythmé par ce voyage, ce retour aux sources pour le personnage que l'on suit. Les scènes sont posées les unes à la suite des autres dans leur longueur, comme ce magnifique plan à l'arrière du 4x4 qui emmène Vargas de la prison à la route principale. Le peu de dialogues suffit à donner quelques éléments au spectateur. On apprend le motif de sa détention à savoir le meurtre de ses deux frères dans la forêt (la séquence du début ? ...) lors d'une discussion avec un pécheur du fleuve. Ce dernier ne s'étonne guère, et lui fournit un peu de vin pour son voyage. C'est là aussi une force du film, l'humanité de Vargas à côté d'une bestialité évidente. En bon père de famille, il achète une robe pour offrir à sa fille et égorge plus tard une chèvre qu'il dépèce crument ... On ne sait jamais si cette bestialité est inhérente à l'homme ou à son environnement, puisque la vie en forêt se résume à de la survie (tout comme ce que l'on voit de son séjour carcéral).

    L'image est très belle, le film très esthétique. Une beauté plastique, une approche brute et sans explications qui rappellera 'Japon' de Carlos Reygadas (paix à l'âme d'Alejandro Ferretis, son interprète principal assassiné en mars dernier). 'Los muertos' est le second film de Lisandro Alonso qui avait été remarqué en 2002 dans 'un certain regard' avec 'Libertad'. Son cinéma est radical, instinctif et sans concessions, comme l'absence de musique avant de violentes guitares sur le générique de fin en caractères rouges (qui laisseront penser à certains que Vargas aura replongé dans le pire ... mais cette fin que je vous laisse découvrir est très libre). A noter que Vargas s'appelle ainsi hors 'los muertos', le film est-il inspiré de sa vie ? ... Voilà en tout cas une nouvelle preuve de la vitalité et de la diversité du cinéma argentin contemporain.


photo "non contractuelle" (le film est bien en couleurs !)

Lisandro Alonso



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ndlr : le rythme d'actualisation est également curieux ...